Les notes économiques du LEAD et du Crédit Agricole Mutuel de Guadeloupe

L’économie du Littoral et de la Mer : Une Voie Stratégique

Auteurs :
Alain MAURIN,
Jean-Gabriel MONTAUBAN, LEAD, UAG

Télécharger l'article en : Enregistrer au format PDF
 

Bien que l’importance des événements soit relative et dépende des observateurs, le mouvement de protestation qu’a connu la Guadeloupe du 20 janvier au 04 mars 2009 représente, sans conteste, pour la plupart des Guadeloupéens, le principal événement intervenu depuis mai 1967.

Si l’on s’appuie sur les orientations diverses qu’il suscite –économique (augmentation substantielle des bas salaires), politique (états généraux),- on peut dire que ces événements constituent une occasion historique de s’interroger collectivement afin de relever le défi que constitue le développement durable en dégageant des voies balisées par l’adhésion d’un très grand nombre. La nécessité de réussir demain suppose au préalable un engagement fort et pertinent de l’Etat et des collectivités locales. Mais, sans l’adhésion de ceux à qui la politique mise en place s’appliquera celle-ci ne peut réussir. Les acteurs non étatiques ont toujours joué un rôle capital dans la gouvernance aussi bien en participant de manière active aux projets gouvernementaux ou en contestant de manière quelquefois violente les politiques des pouvoirs publics. Ce n’est pas simplifier à l’extrême l’histoire et de s’exposer au risque de ne pas dire l’essentiel, si on prend comme exemple la lutte pour l’abolition de l’esclavage comme prototype d’une contribution déterminante à un changement radical de la politique gouvernementale en cours. On le voit : la contestation sociale ou la participation au système de gouvernance ne date pas d’hier. Les Etats Généraux qui sont programmés au mois d’avril sont-ils un moyen de participer à cette gouvernance ? Il apparaît que l’on a encore toutes les chances de se tromper si on pense à la primauté de l’Etat sur les divers types d’organisation, qu’elles soient idéologiques, religieuses etc. On ne peut faire fi des lois économiques. Il n’y a pas de réponse mécanique à la question de savoir « que faire » ? Face à une situation qu’on peine à décrire plusieurs interprétations sont possibles. Ce qui est sûr, c’est qu’au plan économique, le développement de la Guadeloupe impose une approche « tout sectoriel ». Etant donné que certains secteurs ne sont pas du tout développés et occupent, par conséquent, une position quasi marginale dans le champ économique, il apparaît urgent de déterminer leur poids potentiel à la richesse « réelle » de la Guadeloupe de demain en nous plaçant non pas uniquement du point de vue de l’économie qui importe son capital mais de celle qui l’exporte et tenter de voir comment lier les deux. Des chantiers doivent, en ce sens, être entrepris.

Quel constat pouvons-nous faire ? Si nous voulons nous orienter résolument vers un avenir à horizon de 20 ans et changer structurellement le pays, il est nécessaire d’avoir présent à l’esprit le fait que les changements de structure peuvent être longs. Afin de trouver des voies d’un développement économique véritable, il faut forcément partir d’un diagnostic. Il est factuel et non polémique. Nous devons tout de même reconnaître que dans la période allant de l’après-guerre au début des années 1980, les politiques économiques appliquées dans les DOM ont conduit à des gains très positifs. Elles ont permis l’édification d’infrastructures de base dans une multitude de domaines tels que l’éducation, la santé, les transports aérien et maritime, la mise en place progressive des avancées sociales, l’obtention de volumes du revenu régional fournissant un niveau de vie élevé de la population, etc. Mais ce constat ne peut occulter le fait que ce diagnostic n’est pas le même, si la période d’observation est la Guadeloupe au cours des trois dernières décennies. Citons par exemple la perpétuation des inégalités dans le fonctionnement de l’économie et dans le partage des richesses qu’elle génère. Il y a aussi la persistance d’un chômage massif présentant des caractéristiques aggravantes (longue durée, …) pour certaines franges de la population active (jeunes, non diplômés,…).

Le remodelage de l’agriculture, la métamorphose des villes et l’aménagement cohérente des zones urbaines, la construction de bâtiments et d’équipements collectifs qui contribuent au changement d’un pays, le réseau moderne de circulation sur les espaces et îles de l’archipel, l’émergence d’un secteur marchand de la culture, la mise en place d’une économie de l’environnement, l’ancrage des socles d’une économie au service d’un idéal sociétal, …, il s’agit là d’autant de fondations qui ont été insuffisamment posées au cours de ces soixante années de la départementalisation et qui empêchent aux Guadeloupéens de se projeter dans un avenir serein. Que décider aujourd’hui pour réussir la Guadeloupe de demain ? Déclinée au travers de quelques dizaines d’interrogations, c’est cette question centrale qui est mise en lumière par les préoccupations soulevées par le mouvement LKP en ce début d’année 2009 et exprimées ensuite par toute la société guadeloupéenne. Questionnant les échéances temporelles de l’immédiat, des moyen et long termes, elle s’inscrit évidemment dans la recherche d’une vision du territoire à discuter, à valider et à réaliser. Pour en identifier des réponses fortes, aux retombées positives pour toute la collectivité, Il importe d’aboutir à des choix judicieux, amenant à élaborer les projets clairvoyants qui devraient conduire la Guadeloupe sur les voies d’un juste développement. Gouverner en Guadeloupe c’est dorénavant prévoir plus intelligemment. Aussi, aux décideurs politiques et économiques en premier chef, à l’ensemble des acteurs de la vie courante, nous appelons à une démarche citoyenne pour construire et vivre un développement durable de l’archipel. Aussi, défendons-nous ici l’idée qui appréhende les activités économiques liées à l’exploitation de la mer et du littoral côtier comme une exigence pour élargir les sphères de création de richesses et d’emplois dans l’économie guadeloupéenne. La question pour nous n’est pas de chercher à préciser tous les secteurs de recherche susceptibles de faire croître l’économie mais de nous attarder sur un secteur : le nautisme et les autres activités marchandes du littoral et de la mer.

Description et enjeux de développement

Lorsque l’on observe la situation géographique de la Guadeloupe, il est frappant de constater quel nautisme qui peut générer tant d’emplois (une région comme le Morbihan est considérée comme la référence au niveau national par ses équipements d’accueil et ses ports de plaisance) ne soit pas un secteur prioritaire de développement. La société guadeloupéenne est caractérisée par un dualisme entre ceux qui sont dans un secteur protégé et ont la sécurité de l’emploi et les autres. Avec un taux de chômage élevé, les disparités de revenus se sont aggravées et le chômage des jeunes de moins de vingt cinq ans fait frémir. Il est donc impératif de trouver une solution pour reconstruire la Guadeloupe qui doit relever le défi d’avoir une croissance exclusive et dynamique sans laquelle l’assistanat sera toujours de mise. Des zones de convergence ont commencé à apparaître. Reste maintenant à les clarifier. La question pour nous n’est pas de chercher à préciser tous les secteurs de recherche susceptibles de faire croître l’économie mais de nous attarder sur un secteur : le nautisme La compréhension du fonctionnement de l’économie du nautisme et de la plaisance conduit naturellement à repérer sous l’angle économique les acteurs et les relations qu’ils entretiennent dans le domaine des activités axées autour de l’offre et la demande de biens et services d’agrément en rapport avec la mer.

Il n’est alors pas trivial de donner une définition précise des métiers et multitudes activités qui relèvent de cette filière tant les frontières entre eux, touchant au tourisme littoral, à la pêche, au sport ou encore à la petite industrie navale, sont parfois floues. Mais, dans de nombreuses régions, il est certain que le nautisme génère une véritable richesse économique et se traduit par des emplois, directs et indirects, liés aux métiers propres au secteur mais aussi aux dépenses des plaisanciers durant les escales et les diverses manifestations nautiques. En nombre, selon son niveau de développement, la filière nautique recouvre plusieurs dizaines de métiers et constitue les fers de lance de nombreux marchés, tant domestiques qu’extérieurs. La figure 1 en donne une description générale.

A un niveau plus global, il faut avoir en tête que cette filière est une composante du secteur maritime qui, en France, englobe les autres champs économiques suivants : Ports, Constructions navales et équipementiers marins, Parapétrolier offshore, Pêche et produits de la mer, Action de l’État en mer, Instituts de recherche, Organismes de formation. A la fin de l’année 2006, l’industrie du nautisme comptabilisait 50.000 emplois directs. Selon l’Institut Français de la Mer –IFR-, l’agrégation des poids économiques en termes d’emplois et de valeurs ajoutées des filières du secteur maritime conduit à un constat sans équivoque : avec 315.000 emplois directs pour une valeur ajoutée de 35 milliards d’euros, c’est un secteur important. Ainsi, s’agissant du volume des emplois, il devance des secteurs tels que l’ « industrie automobile », l’ « énergie » et les « services dans les activités immobilières » qui pesaient respectivement 230.800, 200.500 et 259.900 emplois en 2004 (INSEE, Comptes nationaux, Base 2000, juin 2005). De plus, il est intéressant de souligner qu’il s’agit de résultats qui ne comptabilisent pas la branche du tourisme littoral dont les activités sont évaluées à 20 milliards d’euros et 200.000 emplois. Ainsi, selon les estimations de l’IFR, on peut estimer à 300.000 unités les emplois indirects liés aux ports et un poids total du secteur maritime qui compte pour 5 à 10% du PNB.

Les évolutions observées dans de nombreux pays du monde montrent que la filière du nautisme et de la plaisance constitue un domaine économique d’importance croissante, tant du fait de ses activités directes que des enjeux de son positionnement comme une filière touristique à part entière. Ce sont ces tendances qui ont conduit depuis la fin des années 1990 plusieurs départements ou régions de la France, notamment la Corse, la PACA, la Basse-Normandie, le Pays de la Loire, le VAR et la Manche, à afficher leur volonté de placer les activités économiques liées à la mer comme un axe fort de leur schéma de développement économique.

A l’échelle de la politique du gouvernement, dans le rapport de la DATAR « Construire ensemble un développement équilibré du littoral » paru en 2004, les enjeux de l’économie maritime pour contribuer à hisser la France dans la compétitivité mondiale sont bien résumés : « Le développement du littoral repose sur l’articulation de deux enjeux économiques différents. D’un côté, il s’agit d’apporter un soutien aux activités traditionnelles (pêche, construction navale, agriculture, activité portuaire…) en leur permettant d’évoluer. De l’autre, il faut faciliter le développement des activités émergentes ou en pleine croissance (aquaculture marine, énergie éolienne, tourisme, nautisme…). Ces filières, sans nécessiter des aides, impliquent en effet un encadrement spatial et réglementaire pour produire tous leurs effets en termes d’emploi, d’aménagement du territoire et de préservation de l’environnement. » Les enjeux du devenir du littoral se situent aussi sur le terrain de la lutte environnementale. Naturellement, l’action contre les effets pervers des usages intensifs des milieux et équipements maritimes (plages, mangrove, ports communaux, …), la protection des ressources des pêches côtières, la sauvegarde des fonds marins pollués, le maintien de la biodiversité, …, sont désormais de l’ordre du prioritaire dans les différentes parties de l’Archipel.

Les perspectives pour la Guadeloupe

A travers le monde, les projets et grands chantiers sélectionnés pour changer les villes et territoires à l’horizon 2020 ou 2030 sont connus et, dans bien des cas, bien avancés. L’Euro Méditerranée, lancé en 1995, à moitié de sa réalisation aujourd’hui, est un gigantesque chantier qui a pour ambition de replacer la ville de Marseille dans sa position de métropole leader de la Méditerranée et peut par conséquent attirer des projets étrangers. En Algérie, Alger-Médina avec son mégaprojet compte jouir du rang de métropole de classe mondiale en misant par exemple sur la transformation de la baie d’Alger qui a déjà débuté avec, entre autres, la plantation de 2000 oliviers qui offriront un spectacle unique d’œuvre d’art de la nature. Toutefois une réflexion doit avoir lieu suffisamment en amont sur les contraintes auxquelles on peut être confronté pour tel ou tel aspect d’un problème. A lire le rapport de la gestion des projets (IPEG) en Algérie on peut avoir le sentiment d’un manque de coordination économique puisque le président qui vient d’être réélu a fortement critiqué la mauvaise gestion de l’argent public et la perte de 40 milliards de dollars –la fortune de Bill Gates-. Le gel qui en a suivi sur une période de deux ans compromet le calendrier. On le voit : la simple juxtaposition d’idées ne peut servir de stratégie éclairée et il est nécessaire de proposer des solutions cohérentes et adéquates. A l’instar de ces projets territoriaux futuristes, comment ne pas oser rêver pour la Guadeloupe les infrastructures collectives qui esquisseront son paysage géographique, économique, architectural et culturel de demain ? Comment ne pas oser élaborer un projet cohérent et ambitieux pariant sur la façade maritime de l’archipel comme un atout pour son développement ? Cette cohérence suppose dans la course à la compétitivité que se livrent les villes, régions et nations du monde, la Guadeloupe en tant que petit territoire insulaire et vulnérable ne peut entrevoir des projets spectaculaires tels que les gratte-ciels en construction dans des pays riches et émergents ou encore les bâtiments gigantesques de certaines capitales en cours de construction et prévus comme infrastructures culturelles de grande envergure.

En revanche, en adéquation à sa petitesse, en reflet à la beauté et à la richesse de ses paysages et espaces littoraux, la Guadeloupe peut miser sur des projets d’aménagement intelligent et fabuleux qui pourraient la positionner en bonne place dans la hiérarchie internationale. Précisément, les fronts de mer, les îlots et les autres espaces côtiers de l’archipel rivalisent d’originalité et d’étonnement pour offrir un fort potentiel en matière d’activités marchandes et appeler à son exploitation pour des retombées collectives : de l’aménagement au profit du transport multimodal ; des activités économiques liés au tourisme nautique et à la plaisance ; de la définition d’une offre de pratiques sportives variées (sport mécanique comme le jet ski, sports associés à la voile légère tels que la planche à voile ou le catamaran, etc.) ; de l’élaboration d’une offre cyclable du littoral pour des loisirs et besoins multiples (ballade, découverte, …) ; de l’édification d’infrastructures raisonnablement dimensionnées pour la mise en place de nouveaux services (restauration, loisirs divers,…) ; etc. De même, si elles pouvaient miser sur l’opportunité de ne plus figurer comme oubliées de la politique d’aménagement de l’espace côtier, les baies de la Guadeloupe ont les caractéristiques de sites exceptionnels, porteurs de développement et d’attractivité. Sur ce point, La ville de Pointe-à-Pitre par exemple et la Guadeloupe tout entière d’ailleurs, peuvent-elles s’autoriser la médiocrité dans les projets urbanistiques qui devraient accélérer la réussite des mutations économiques et sociales de tout le linéaire côtier, allant de la Marina, intégrant le site de l’Université, la fabuleuse zone de Darboussier, jusqu’au quartier de Lauricisque et se terminant dans la pointe de Jarry ?

La pose de la première pierre du Mémorial ACTe a été exécutée le mardi 27 mai 2008, c’est tout un symbole. A l’échelle de la Guadeloupe, il s’agit d’un projet de grande envergure qui s’élèvera sur une surface de l’ordre de 7500m² pour proposer, un lieu d’exposition permanente de l’histoire de la traite et de l’esclavage sur un bâti de 4350 m² comprenant des mises en scène établies sur des maquettes, des objets d’époque et des présentations à l’aide des NTIC, des espaces dédiés aux arts vivants et à la commémoration, un parvis, un jardin s’étendant sur plus de deux hectares. Le choix de l’emplacement de l’ancien poumon économique de la ville pendant plus de cent ans, de 1869 à la fin des années 1970, comme lieu de construction de ce musée à rayonnement international est hautement symbolique et stratégique pour la ville de Pointe-à-Pitre. Elle pourrait s’y référer fortement pour enfin trouver des ressources consistantes à son label « Ville d’Arts et de Culture ». Elle pourrait s’y appuyer pour catalyser la diversification de son économie locale et l’ouvrir d’avantage sur les filières économiques de la culture, des loisirs, du tourisme, etc. Elle pourrait s’y reposer pleinement pour gagner le pari de la transformation économique, sociale et urbaine de ses quartiers. Dans le cas des quartiers de la Sortie Sud Est, l’opportunité et le défi historiques à saisir et réussir sont ceux de la métamorphose de tout le littoral Carénage-Darboussier et de ses zones avoisinantes Chemin neuf, Fouillole et la Darse. La pertinence, l’audace et la juste mesure doivent prévaloir pour rédiger le contenu de projets pilotes à même de conduire à la mise en place d’activités procurant des retombées économiques durables. Le projet « Chantier d’insertion naval défi Sud » expertisé, sélectionné et achevé récemment dans le cadre des programmes EQUAL de la Commission européenne s’est inscrit dans cette ambition. Il reste à le faire vivre pour créer une nouvelle offre d’activités économiques à Pointe-à-Pitre.

Ailleurs sur les autres pôles géographiques de l’archipel, avec ses magnifiques plages, ses eaux de baignade de haute qualité, ses fonds marins éblouissants, ses îlots quasi-déserts ou habités, ses criques originales, ses falaises et leurs spectacles magiques, …, la Guadeloupe bénéficie de dotations en paysages naturels sur lesquels, comme d’autres îles de la Caraïbe, elle peut compter pour se constituer des avantages comparatifs et ainsi renforcer son attractivité au bénéfice de son offre de tourisme. Ainsi, au-delà de l’exploitation classique qui est faite de ses ressources paysagères, elle pourrait impulser de nouvelles dynamiques tant économiques que culturelles autour de la valorisation de ses espaces littoraux. De Baie-Mahault, Sainte-Rose, Pointe-à-Pitre ou encore Anse-Bertrand, il faut noter le constat d’immobilisme de l’équipement et de l’animation de leurs façades maritimes depuis plusieurs décennies. Pourtant les bonnes pratiques en la matière sont facilement observables dans la Caraïbe proche et plus loin dans le monde. Avec le concept de village nocturne culinaire organisé chaque vendredi et samedi soir autour des produits de la mer dans la commune d’Oistins, les Barbadiens témoignent une très large adhésion et tirent profit aux/des activités économiques de la mer et du littoral dans leur pays. A Miami ou encore Rio de Janeiro, ce sont des milliers de visiteurs, dont une large part de touristes étrangers, qui apprécient quotidiennement les biens et services des centaines de structures commerciales crées pour la mise en valeur de leurs baies et plages paradisiaques.

A la lumière de ces exemples, en regard de la compétitivité au sein du bassin Caraïbe, la Guadeloupe a la nécessité de bâtir des projets structurants et innovants axés autour du littoral comme levier d’une attractivité durable. Pourtant, l’obstacle du financement de tels projets est loin d’être insurmontable : en tant que région européenne éligible à l’objectif 1, elle bénéficiera d’une enveloppe de 986330629 euros sur la période 2007-2013. Comme par le passé, un vrai défi posé aux Guadeloupéens est celui de l’utilisation pertinente de ces financements. Comment les dépenser de façon optimale pour impulser et accompagner les transformations qui seront à même de placer la société guadeloupéenne sur la trajectoire de la modernité et de la réussite économique tout en la préservant de la perte de ses authenticités ?

Avec un petit effectif d’entreprises de faible taille, une filière peu structurée, des infrastructures en nombre insuffisant, une offre de formation quasi marginale, il faut bien prendre acte que le secteur de l’économie du littoral ne constitue pas aujourd’hui un des socles de l’appareil productif alors que, au contraire, il a un fort potentiel de développement. Si les façades maritimes de l’Archipel Guadeloupe contribuent largement à l’attractivité de ses territoires, il n’en demeure pas moins que les retombées des activités marchandes qui en sont liées sont bien en deçà de ce qu’elles auraient pu être.

« Identifier les voies de développement qui lui soient propres », tel est l’un des paris de la réussite économique de la Guadeloupe. A l’échelle des cadres réglementaires de financement et de programmation des orientations et mesures à traduire en acte, des véhicules du pilotage de l’action publique sont disponibles : le plan de relance régional et le dispositif national en faveur de la relance de la croissance pour ce qui concernent les échéances du court terme, le SRDE et le PO qui couvrent des horizons de moyen terme, etc.

Garantir les retombées positives de ces politiques publiques aux échéances 2010, 2013, 2020, …, implique actuellement de retenir l’optimalité dans les arbitrages à effectuer. Parmi les pistes d’avenir, nous soutenons ici l’idée que le développement de l’« économie du littoral » serait à même de contribuer au remodelage des branches productives, porteuses de richesses et d’emplois, tout en étant partie prenante de l’identité du territoire.

Retour en haut de page